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Edito & Chroniques – La Plume à Jacques du 09 Décembre 2015

Une autre décision qui demande une autre.  Le recteur de l’université de Kankan suspendu lundi par décret présidentiel. Que lui reproche-t-on donc ? 

Ce qu’on a déjà entendu certainement dire du porte parole des grognons. Des enseignants contractuels et vacataires  qui réclamaient  leurs arriérés de salaires ont également dénoncé la mauvaise gestion du premier responsable de l’établissement et de tout son staff. C’est donc la corruption qui est évoquée, il reste encore à faire connaître toute la vérité sur les faits de concussions reprochés au suspendu.

L’université de Kankan dans ces temps de gloire occupait une place réelle dans la formation post secondaire en Guinée. Les étudiants bien encadrés par des enseignants de rang magistral ont participé à la formation de plusieurs cadres du pays. L’étudiant de Kankan était celui au verbe facile, apte à intervenir dans les domaines d’activité qui ont trait  à sa filière de formation. L’excellent étudiant de kankan s’il vous parlait vous incitait à embrasser la sociologie, la philosophie, la géographie et des branches techniques.  C’était un étudiant bien formé. Il avait  évolué dans un véritable  centre d’apprentissage. Cette université ne lui donne plus la chance de mieux se former. L’électricité n’y serait pas stable 

D’abord l’effectif a augmenté, les infrastructures sont presque restées au même niveau.

Magassouba et ses prédécesseurs n’ont véritablement travaillé dans ce sens. Mais c’est de Magassouba il s’agit. Il ressemble aujourd’hui à un Siba Fassou à la tête de l’Institut supérieur des arts de Guinée jusqu’en 2011. L’Ancien directeur national du théâtre de Guinée avait fait comprendre que le bonhomme de culture  qu’il est ne fait pas de lui un bon gestionnaire d’établissement d’enseignement supérieur. Fassou a provoqué l’ire des étudiants qui ont tout simplement demandé et obtenu son départ au terme de plusieurs manifestations parfois sauvagement réprimés. Il a manqué d’initiatives et les étudiants ne demandaient que des projets viables pour qualifier la pratique des métiers d’arts. Limogé après, il n’a fait l’objet officiellement d’aucune poursuite  judiciaire puisqu’il était accusé aussi de n’avoir pas désintéressé  les expatriés ivoiriens venus aider ce département à dispenser des cours dans certaines disciplines. La situation a pu trouver sa solution après  des mois de cours perturbés. Aujourd’hui le ministre  cite en exemple   l’institut supérieur des arts de Guinée pour ses progrès réalisés quelques années après la nomination de l’actuel directeur. Il a fallu répondre  favorablement à la demande des étudiants qui perçoivent directement les actions d’un administrateur pour que ce changement ait lieu. C’était une parenthèse.

Idrissa Magassouba est peut-être suspendu mais ça ne doit pas être la seule sanction, si non, on aura fait perdre du temps aux étudiants de Kankan pour rien. Certes, une enquête doit encore être menée pour constater les faits de corruption.

 D’ores et déjà, disons-nous, les cadres indélicats tuent la formation. Ce sont eux qui se prennent pour des manitous alors qu’ils sont dépassés par les réalités de l’heure. Il y a même parmi eux des cadres qui ne maîtrisent pas l’outil informatique. Rendez-vous dans un important institut de la basse côte. Leur incompétence ne favorise aucune innovation et les apprenants demeurent dans des centres équipés pour les besoins de 1960.  Aucune évolution. Cette léthargie, il faut la combattre partout. On ne peut pas comprendre qu’après le premier diagnostic fait en 1986 par l’Unesco, la Guinée n’ait pas fait assez de pas vers la qualification de la formation et de la recherche scientifique. Combien d’années parlons-non du manque de laboratoires ? Combien en avons-nous trouvé ? Pas assez en tous les cas. Et ce sont des étudiants et enseignants qui exercent dans ses filières qui en font les frais. 

Le ministre Téliwel fait bien d’indiquer que les universités et instituts d’enseignement supérieurs  ne doivent compter sur les 1,2 % du budget alloué au département pour leur fonctionnement. Des Recteurs et directeurs généraux qui ne sont pas en mesure de monter des projets, pour doter leurs centres de bibliothèques remplies de documents riches, de salle d’informatique fonctionnelle, l’internet, des ateliers, des laboratoires, sont comme des cailloux dans l’eau, limités, assez incommodants. Ceux-là doivent partir pour permettre aux jeunes générations de profiter des mêmes avantages de formations que leurs collègues du monde. Des établissements d’enseignement supérieur doivent plus que jamais répondre aux besoins de formations adaptées à l’emploi.

Jacques Léwa Léno

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