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Edito & Chroniques – La Plume à Jacques

Un groupe de nos bacheliers déjà orienté. Cette année le ministère de l’enseignement supérieur, apparemment dans  l’esprit de modernisation a proposé la plateforme Djoliba. 

 

Sur la toile, les candidats tous désireux de poursuivre leurs études dans les universités et institutions d’enseignement supérieur  ont eu une large connaissance des programmes proposés par les différents établissements. A deux tours, chacun des nouveaux étudiants devraient pouvoir s’offrir une place soit dans l’enseignement supérieur ou dans le professionnel. 

Le ministère de l’enseignement supérieur qui a apporté cette nouveauté a encore brillé comme par le passé par son improvisation et cela s’est fait sentir. Peut être que c’est fait à dessein comme les cadres qui avant eux ont précipité la suppression de certains examens nationaux au Lycée  et lancé le système LMD. Chacun peut faire son appréciation même si les arguments manquent pour défendre des changements qui contribuent à affaiblir  l’école. L’école de Djenab Koumanthio, de Camara  Laye, de William Sassine de Thierno Monènèmbo et de tous ces intellectuels qui font la fierté de la Guinée à travers le monde. La situation est ce qu’elle est et on va avec.   Les marocains sont claires, ils ne peuvent accepter des boursiers furent-ils des guinéens lorsqu’ils n’ont pas la formation de base.  Ces boursiers  expulsés récemment du royaume chérifien ne sont pas les seuls responsables et victimes de cette humiliation. Le département qui chante des réformes à toutes les occasions est le coupable devant le présent et l’avenir, qu’il se remette en cause. Le Chef de l’Etat peut même tirer toutes les conséquences à l’occasion du prochain remaniement. C’est inacceptable, difficile à comprendre que les plus méritants pour des raisons inavouées soient méprisés  au profit des médiocres.

Revenons à notre plateforme Djoliba. Les bacheliers ont dû payer 35 milles cette fois par endroit pour faire les choix. Les gérants des cybers ont certainement bien profité  à l’intérieur où électricité et connexion restent luxueuses. En dépit de tout, il y a des  acquis des innovations majeures, puis-je dire. La première ; la plateforme  a rendu les orientations plus rapides qu’avant. Quelques jours suffisent pour situer les candidats. La deuxième et la plus importante, me semble-t-il, les étudiants sont orientés dans les facultés et filières précises dans les universités et institutions publiques et privées. Oui, il faut insister sur cette mesure contraignante mais utile. Jusqu’en 2014, ceux qui partaient dans les établissements publics étaient les seuls effectivement orientés par le département. Ceux du privé en majorité les moins méritants avaient la liberté de choix et pouvaient donc s’inscrire pour les programmes de formations pour lesquels ils ne sont nullement prédisposés.  Conséquence, les plus méritants, orientés en fonction de leurs notes obtenues par matière étaient victimes d’une injustice jamais dénoncés. Il faut oser le dire.

On peut sourire même quand on est mal à l’aise en écoutant les promoteurs d’universités privées. Qu’ils n’ont pas été associés à la mise en place de la plateforme qui fait débat. Mon dieu ! Qu’ont-ils à proposer ? Qu’ont-ils proposés jusqu’ici pour qualifier la formation ? Pourquoi tous  les 39 veulent continuer à faire croire que notre école va à merveille alors que ce n’est pas le cas ? Ce ne sont pas eux. C’est l’Etat qui n’est pas en mesure de  mettre en place des infrastructures pour accueillir le maximum d’étudiants. C’est bien à lui de prendre des décisions comme celle-là et de continuer à mettre en avant la qualité de la formation. L’enseignement privé n’est plus ce qu’il a été. Le ministère peut et doit prendre des initiatives qui à terme vont faciliter  la fermeture de certaines universités qui ne répondent pas aux normes. Des universités qui fonctionnement comme des entreprises de commerce. Qui ne regardent que la quantité d’étudiants, l’argent et militent pour un laisser aller total. Des universités qui continuent à tromper le gouvernement sur le nombre de bacheliers qu’elles gèrent. Des universités qui accueillent méchamment des étudiants fictifs pour lesquels l’Etat perdait il y a encore moins de trois ans plus de 40 milliards par an.  On peut comprendre. Tout ceci est encouragé par des cadres véreux qui pitoyablement se comportent comme des trafiquants heureux de vivre en perpétuelle crise pour proposer des marchés frauduleux. Des malhonnêtes qui s’enrichissent grâce aux commissions que leurs versent à la fin de chaque mois des promoteurs  cupides. 

Au ministère de bien agir. Rien n’est encore fait pour convaincre les détenteurs du baccalauréat unique à embrasser les  écoles professionnelles. Le diplôme, le grade et les chances d’insertion socioprofessionnelles  sont moins encourageants. Il faut changer. En attendant, une alternative sûre doit  être trouvée pour empêcher les recrutements hors normes dans des établissements privés qui ne sont contrôlés que, là aussi difficilement, dans le domaine des finances. Le paiement des prestations des enseignants par module de formation.  L’Etat verserait  dans les comptes de chacun de ces établissements entre 5 et 14 millions par an pour chaque étudiant. Cet argent réuni avec une bonne gestion peut construire au moins une université publique  chaque année. Allez inscrivons cela dans notre politique.

Jacques Lewa Léno

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