Echos du monde

Etats-Unis: entre Donald Trump et les sportifs américains, le torchon brûle

Les médias américains parlent de guerre culturelle. Des athlètes américains qui, pour dénoncer les violences raciales, posent un genou à terre pendant l’hymne national américain sont pris pour cible par le président américain. Les attaques de Donald Trump ne font qu’amplifier leur mouvement.

Cela fait maintenant un an que quelques athlètes noirs américains posent le genou à terre pendant l’hymne national pour protester contre les violences raciales. Jusque-là limité, le mouvement a pris une ampleur considérable dimanche 24 septembre grâce à – ou à cause de, c’est selon – Donald Trump.

Le président américain a mis le feu aux poudres lors d’un meeting, vendredi 22. A ses yeux, « les propriétaires de clubs, quand quelqu’un manque de respect au drapeau, devraient dire »jetez moi immédiatement ce fils de pute en dehors du terrain. Il est viré. Viré ! » »

Réactions massives à la NFL

Evidemment cette déclaration du président n’a pas plu aux joueurs. Résultat, ce dimanche, lors de toutes les rencontres de football américain, des athlètes, mais aussi des entraineurs, des propriétaires d’équipe et même dans certains cas les interprètes de l’hymne national ont posé le genou à terre ou se sont tenus les coudes pendant qu’il était diffusé.

 Même le chanteur Stevie Wonder, lors d’un concert, a manifesté sa solidarité. « Je pose un genou à terre pour l’Amérique. Pas seulement un genou. Je mets les deux genoux à terre », a-t-il déclaré, joignant le geste à la parole.

Patriotisme affiché contre inégalités dénoncées

En temps normal, l’hymne américain s’écoute debout, la main droite sur le cœur. Pour Donald Trump, c’est une intolérable atteinte au patriotisme que de poser un genou, voire les deux à terre pendant sa diffusion. C’est en tout cas la ligne de défense de la Maison Blanche. Devant les réactions en chaine du milieu sportif, elle affirme ce lundi qu’il s’agit de défendre le drapeau américain.

Sauf que les athlètes, eux, ont le sentiment que le président cherche avant tout à diviser le monde sportif. Ils rappellent que leur geste a pour unique objectif de dénoncer les inégalités.

Le basketteur Lebron James, star de la NBA, a répliqué assez sèchement ce lundi à Donald Trump. A ses yeux, « être président des Etats Unis c’est occuper la position la plus puissante du monde. Actuellement, la personne la plus puissante du monde pourrait nous rassembler en tant que peuple, inspirer les jeunes, les mettre à l’aise en leur disant qu’ils peuvent descendre dans la rue sans être jugés pour la couleur de leur peau ou leur origine raciale…. Mais il n’a aucune conscience de cela, il s’en fiche complètement ».

Même les athlètes qui ont pris position pour Donald Trump pendant la campagne s’insurgent. C’est, entre autres, le cas du footballeur Tom Brady. Celui qui se présentait comme un ami du président et l’a soutenu pendant sa campagne a clairement pris ses distances avec lui depuis vendredi soir.

Avec une seule petite phrase, Donald Trump a au final réussi un tour de force : transformer les multimillionnaires du monde du sport américain en défenseurs acharnés de la lutte contre les inégalités.

source: rfi

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top