Société

Bossou (Lola) : comment Louise Traoré, orpheline de père et de mère à 4 mois et malnutrie a survécu

Alors que Louise Traoré était encore exclusivement allaitée au sein, la mort arrache à son affection successivement, son père et sa maman. Son papa périt dans un accident de la circulation et sa maman, profondément affectée par cette disparition brusque et tragique de son mari, succombe sous le poids du chagrin quelques mois plus tard.

Après cette disparition prématurée de ses parents biologiques, Louise Traoré n’a maintenant pour seul et unique espoir de survie que sa grand-mère, Elisa Nialé avec laquelle elle vit désormais à Bossou, une commune rurale située à 18km de la préfecture de Lola, dans la région administrative de N’zérékoré.

Une transition précoce du lait maternel aux autres aliments
Pour assurer la survie de Louise, son oncle, Michel Bonimya, a dû arrêter de suivre les cours au lycée à N’zérékoré, pour venir prêter main-forte à sa maman. De retour à Bossou, Michel s’engage dans les travaux champêtres, potagers et autres, afin de subvenir aux besoins de Louise. Malgré tous ses efforts et contre toute attente, les choses se compliquent pour Louise qui tombe dans un tableau critique de malnutrition du fait de l’inadéquation de son alimentation. « Après le décès de mon grand-frère, les choses n’ont pas été faciles pour nous. Il a fallu l’intervention de l’UNICEF à travers son programme de prise en charge des enfants affectés par la malnutrition, qui a gratuitement pris en charge Louise pour qu’elle se porte bien. Aujourd’hui, elle a bonne mine. Quant à moi, je pourrai l’année prochaine reprendre le chemin du lycée ».

Comment Louise a été sauvée de justesse ?
C’est suite aux visites quotidiennes des ménages par Yarama Malé, RECO (Relais Communautaire) de Bossou que Louise a été dépistée et référée au centre de santé de ladite localité pour sa prise en charge. « Comme ma mission quotidienne est de faire le suivi des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes pour l’application des bonnes pratiques familiales essentielles dont l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, un jour quand j’étais de passage dans ce ménage, j’ai vu Louise dans un état un peu inquiétant. C’est ainsi que je l’ai envoyée au centre de santé pour sa prise en charge. L’on a continué à la suivre jusqu’à ce qu’elle tombe dans la bande jaune, signe que son état s’améliorait. De là, elle a été soumise à une alimentation complémentaire à base de produits locaux et adaptée à son âge », raconte Yarama Malé.
Aujourd’hui, la grand-mère de Louise est à même de préparer des repas à base d’aliments riches en nutriments essentiels pour nourrir sa petite fille.
L’UNICEF, dans les 40 communes de convergence, forme et outille des groupements de femmes à la préparation d’aliments de complément à haute valeur énergétique et protéinique à base de produits locaux pour l’alimentation des enfants. Ces groupements de femmes qui ont bénéficié d’un renforcement de capacités aux techniques de mobilisation sociale et de communication pour le changement de comportement, sont chargés de sensibiliser leurs homologues au même exercice à travers des séances pratiques de démonstrations culinaires et d’apprentissages organisées dans des lieux publics accessibles à tous afin qu’elles intègrent ces bonnes pratiques dans leurs habitudes culinaires quotidiennes.

Saa Momory KOUNDOUNO, UNICEF Guinée

 

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