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Guinée: Le 7 janvier, un meeting de tous les risques dans un stade de Conakry

L’opposition républicaine menace de tenir un meeting « géant » à Conakry. Cet événement prévu pour le  7 janvier à venir se tiendra au stade du 28 septembre.En organisant cette activité de contestation, l’opposition sait pertinemment qu’Alpha Condé est prêt à user de tous ses moyens pour sauvegarder son pouvoir qu’il a obtenu après 40 ans de lutte politique.

Elle sait aussi que l’actuel chef de l’Etat réussit  rarement à empêcher des morts d’hommes lors des manifestations contre son régime. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, la mort du jeune Zakaria qui est considéré comme la première victime de la troisième république,  a été suivie de celles de plus d’une cinquantaine de militants selon des chiffres du chef de file de l’opposition.

Conakry risque de devenir le 8 janvier 2015, comme le 30 septembre 2009, le sujet  au centre des débats télévisés à l’échelle internationale.

Que tout se passe bien, c’est aux  guinéens moyens  que reviendrais le bénéfice. Au cas contraire, comme Alpha Condé l’avait fait en 2009, Cellou Dalein Diallo ou Sidya Touré ont déjà suffisamment de crédibilité et de moyens financiers pour quitter le pays et aller séjourner peut-être à Paris ou à New York.

L’article 10 de la constitution confère au citoyen guinéen, le « droit de manifestation». Il suffira juste que le régime se soucie de son rôle de facilitation de l’exercice de ce droit, pour qu’un dispositif sécuritaire soit établi le 7 afin d’éviter l’embrassement. Que cet article soit foulé au pied ce jour, cela étonnera peu. Car, Alpha Condé sait religieusement qu’en tant que Président de la République, il n’est pas président d’un parti politique. Mais il se permet quand même de quitter le palais et aller présider des réunions de son parti.

Nous ne savons pas si cette fois encore il sera demandé aux militants de l’UFDG s’ils sont prêts à la mort mais ils sont quand même appelés à participer à ce meeting. Car, il s’agira, selon le porte-parole de l’opposition républicaine, de sensibilisation autour de la gouvernance actuelle. Mais sachant déjà l’habitude violente que certains manifestants ont adoptée, le souci d’une escalade demeure autour de cet événement du 7. Les  discours quelquefois incitatifs à la violence et le déficit de stratégie sécuritaire, finalement traduit  par la violence des prétendues forces de l’ordre, font que  des militants de l’opposition deviennent de plus en plus violents.

En 2009, quand son régime avait été accusé de massacre perpétré dans ce même stade, le capitaine Moussa Dadis Camara avait voulu démontrer que des militants s’étaient ravitaillés d’armes qu’ils auraient obtenues dans un commissariat qu’ils ont saccagé avant de rallier le stade où des dizaines de guinéens ont péri quelques heures après. Or, 5 ans après, c’est-à-dire en 2015, ce sont presque les mêmes militants qui reviendront au stade. Sauf que pour cette fois, ceux-ci seront plus en colère qu’en 2009. En colère de penser que plus d’une cinquantaine des leurs ont été tués et qu’ils sont considérés comme des « loubards » alors qu’ils ne font « qu’exercer ce que la constitution leur reconnait ».

Qui sait si ce 7 janvier 2015, l’opposition ne parlera pas d’infiltration de militants du parti au pouvoir dans ses rangs ? Les interrogations ne finissent jamais autours de cette autre menace que brandissent les leaders de l’opposition républicaine.

Le cadre de dialogue politique inter-guinéen, l’intervention  des religieux ou de la société civile au sens plus large, pourraient aider à étouffer ce projet ou du moins, permettre son accomplissement sans mort d’homme.

 

Thierno Amadou Camara 

 

Afrique Zoom

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