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Morts répétées lors des manifestations du FNDC en Guinée : l’OGDH réclame une commission d’enquête pour situer les responsabilités

Le gouvernement guinéen devrait mettre en place une commission d’enquête pour situer les responsabilités sur les morts répétées que provoquent Ies manifestations du FNDC, a indiqué l’Organisation Guinéenne de défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH), dans une déclaration publiée, vendredi, 15 novembre 2019. Intégralité !

Le gouvernement guinéen devrait mettre en place une commission d’enquête pour situer les responsabilités sur les morts répétées que provoquent Ies manifestations du FNDC, a indiqué l’Organisation Guinéenne de défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH), dans une déclaration publiée, vendredi, 15 novembre 2019. Intégralité !
Depuis le déclenchement d’une série de manifestations par le Front pour la Défense de la constitution (FNDC), des cas de mort sont enregistrés. Déjà, le 14 octobre 2019, onze (11) personnes ont été fauchées par balles et un gendarme a été tué dans des conditions non encore élucidées. Dans la journée du 04 novembre 2019, c’est le cortège funèbre du FNDC et des parents des victimes mobilisés pour enterrer les morts du 14 octobre qui est attaqué par des agents des forces de l’ordre, postés on ne sait pourquoi, sur le parcours de la procession funèbre. Le bilan est de trois (03) morts dont entre autres Abdoul Rahim DIALLO, tailleur et Mohamed Sylla, élève. 0n signalera plus tard une quatrième personne qui aurait succombée à ses blessures. Curieusement, les 7 et 14 octobre 2019, des manifestations où les forces de l’ordre n’étaient pas déployées sur le terrain se sont déroulées sans faire l’objet d’un seul cas de mort par balles. La seule personne décédée l’aurait été par asphyxie. Dans la journée du 14 novembre 2019, voilà qu’une manifestation qui n’avait pas fait l’objet d’un accord sur l’itinéraire à suivre a provoqué la mort par balles de quatre (04) autres personnes. Les victimes qui n’étaient pas dans le champ d’action de la marche ont été fauchées sur l’axe Hamdallaye-Bambéto. L’une d’entre elles, Amadou Oury BARRY, 32 ans, originaire de Maréla, préfecture de Faranah, a été tuée dans la nuit du 14 au 15 novembre pendant qu’elle s’était barricadée dans sa boutique. Amadou Oury représentait-il un danger ? Rien ne le laisse croire. Les trois autres ont pour noms Alpha Souleymane DIALLO 16 ans, originaire de Téliré à Mali, Abdourahamane DIALLO, 19 ans, originaire de Mitty à Dalaba et Mamadou Mouctar DIALLO, lycéen de 19 ans abattu le lendemain de la manifestation pendant qu’il se rendait à l’école. Il serait également originaire de Mitty à Dalaba et aurait succombé à ses blessures à l’hôpital sino- guinéen de Kipé. Les manifestations ont été aussi émaillées de destruction de voitures privées et de quatre (04) bus de transport public, dont un a été calciné. Parmi les victimes de violences policières on cite également deux journalistes.

Le camp de Soronkoni serait-il devenu le nouveau camp de la mort ? 

Par des requêtes provenant de parents de victimes, l’OGDH est informée de l’arrestation sans aucun motif invoqué et de la déportation dans le camp de Soronkoni, de plusieurs personnes. Est-ce la réédition des pratiques du passé où, pour des motifs politiques, de nombreux fils du pays sont passés de vie à trépas ? L’OGDH, dans sa quête quotidienne de justice et du respect des droits de l’Homme, lance de nouveau un appel:  – Au gouvernement guinéen afin qu’une commission indépendante d’enquête soit mise en place pour élucider les conditions dans lesquelles toutes ces personnes sont mortes. Un état ne doit pas se contenter de faire des communiqués imputant la responsabilité des dérapages à une des parties ou à justifier l’innocence de telle ou telle autre partie. Dans son obligation de protéger, il doit sereinement situer les responsabilités et prendre les mesures qui s’imposent pour mettre fin aux violences. C’est à cette seule condition que le citoyen peut se sentir en sécurité et avoir la garantie de vivre à l’abri de la peur. S’agissant du camp de Soronkoni, le Président de la république doit impérativement ordonner la fermeture des prisons qui y sont ouvertes et éviter à la Guinée les tristement célèbres camps de la mort que le pays a connus par le passé ; – Au corps de la magistrature, notamment au Parquet, pour que tout acte juridiquement répréhensible soit suivi d’une procédure sans aucun parti pris et dans le strict respect des règles régissant un état de droit. Aussi longtemps que le pouvoir judiciaire ne s’affranchit pas des positions partisanes pour dire le droit, les droits de l’homme et le respect de la loi prendront toujours une tournure dramatique ; – Aux acteurs politiques de s’assurer du respect par tous, des itinéraires fixés chaque fois qu’elles organisent des manifestations ; – Aux autorités communales pour que toute requête de manifestation qui leur est adressée soit traitée dans les délais requis afin d’éviter des situations aussi déplorables que celles enregistrées le 14 novembre 2019 ou encore des incohérences comme celles qui avaient conduit au massacre du 28 septembre 2009 ; – A la communauté internationale afin qu’elle fasse preuve de fermeté lorsqu’il est question du respect des règles démocratiques et de la bonne gouvernance. II ne sert à rien d’user du langage diplomatique là où le besoin de fermeté s’impose.

Le Président de I’OGDH 

DIALLO Abdoul Gadiry

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