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Sport – Praud : la Premier League en classe royale !

C’est une information capitale. Le foot anglais touchera plus de 3 milliards d’euros par an à partir de 2016. La France est au plus mal.

« Cette fois-ci, on ne joue plus, c’est fini », m’a confié un dirigeant du foot français quelques minutes après qu’il a appris le montant que les clubs de Premier League recevront chaque année à partir de la saison 2016-2017: 2,3 milliards d’euros. Encore faut-il minorer ce chiffre puisque les Anglais n’ont vendu que les droits domestiques. Ajoutez encore 1 milliard et comparez-les aux 780 millions qu’empocheront dans la même période les clubs français, soit quatre fois moins. Oui, cette fois, c’est fini.

Je ne vais pas ici dresser l’inventaire des raisons qui ont creusé depuis vingt ans les footballs de France et d’Angleterre. Chacun remarquera que, sur les pelouses comme dans les autres secteurs, la France décroche.

Comment former et retenir des joueurs qui prendront l’Eurostar gare du Nord pour multiplier leur salaire par quatre ? Il me semble que ces 2,3 milliards sont l’information la plus importante du petit monde du ballon rond et je m’étonnais ce matin qu’elle ne barrât pas la une du journal L’Équipe.

Ce n’est qu’un début

Depuis vingt ans, j’entends les Cassandre expliquer que les droits du foot vont baisser, qu’on atteint des sommets, que bientôt les diffuseurs ne pourront plus payer, etc. L’exact contraire se produit et ce n’est pas fini. Je prends le pari que les chiffres du jour nous amuseront dans dix ans. Le marché du football explose parce que la Chine, les États-Unis et l’Inde entrent dans la danse. Dans ce contexte, le rachat d’Infront, société suisse de marketing sportif qui commercialise les droits de retransmission de la Coupe du monde de football par le chinois Wanda Group, montre que l’empire du Milieu s’est éveillé au foot. En marge de cette transaction évaluée à un milliard d’euros, les observateurs remarqueront avec malice qu’Infront est dirigé par le neveu du patron de la Fifa Joseph Blatter, Philippe Blatter.

La Premier League a pris des parts de marché comme on dit dans le monde industriel et elle les gardera parce qu’elle vend un spectacle, parce que les meilleurs rejoindront le royaume, parce que l’argent va à l’argent. L’avenir de la Ligue 1 est en péril et il n’est pas surprenant qu’un grand nombre de propriétaires de club (Bordeaux, Marseille par exemple) souhaitent se désengager. Jusqu’ici ils n’ont pas trouvé preneur. Sauf à solder leurs biens, les choses ne s’arrangeront pas ces prochaines semaines.

Quant aux amateurs de football, il leur reste à prendre un abonnement à l’Eurostar. Londres est à une heure de Paris, les week-ends sont merveilleux et les stades en centre-ville…

Par / Le Point

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